Prophylaxie carieuse
À caries « minimum », traitements « a minima »
Qu'il s'agisse de lésions amélaires initiales ou de lésions avec cavitation, la prise en charge des caries a beaucoup évolué. Identifier puis abaisser les risques carieux est devenu aujourd'hui in contournable pour développer la santé et l'esthétique dentaire de nos patients avec des traitements de moins en moins invasifs. À condition de respecter quatre étapes clés : le diagnostic des risques, des actions de prévention, une restauration a minima et un maintien constant de la santé dentaire. De quoi révolutionner notre pratique, comme notre modèle économique.
Et si d'ici à quelques années, les réparations dentaires chirurgicales devenaient l'exception et non plus la règle ? Et si les cabinets dentaires se mettaient alors à promettre ouvertement une intervention minimale, affichant sans complexe l'art du DOSSIER diagnostic et de la prévention ainsi que la qualité de leur relation, plutôt que celle de leurs seules interventions ? Nos patients en seraient les premiers bénéficiaires. Incités à se rendre régulièrement chez leur praticien, ils seraient ravis de s'y faire faire des tests ou d'y subir de simples procédures de prévention contre les caries, plutôt que de s'y faire dévitaliser une dent, poser un bridge ou un inlay. Une chose est sûre : plus nos connaissances sur les maladies dentaires et leur traitement progressent, plus l'art dentaire déserte la sphère chirurgicale pour investir la sphère médicale, augurant d'une révolution sans précédent. À nous de trouver le modèle économique qui va avec. Une démarche organisée de prophylaxie carieuse en fait partie.
ÉVALUER LES RISQUES
Qui dit traitements dentaires peu invasifs dit compréhension de la problématique propre à chaque patient. Une problématique que l'on peut cerner en répondant à deux questions. Comment le patient en est-il arrivé là ? Comment éviter que sa pathologie évolue toujours davantage ? Car la carie dentaire est une maladie infectieuse qui a besoin d'un environnement favorable, avec des bactéries cariogènes présentes dans la plaque, dont le développement est favorisé par les régimes à teneur élevée en sucre. Si ces trois facteurs sont réunis, la bactérie fait fermenter les sucres, produisant ainsi l'acide qui fait baisser le pH normalement neutre de l'environnement oral. L'acidité attaque alors l'émail qui libère l'apatite et forme les ions responsables de la déminéralisation et des caries. D'où l'intérêt d'évaluer, avant toute chose, le risque carieux individuel (RCI) de chacun de nos patients. Et ce, non pas de manière subjective, mais à l'aide d'outils modernes dont l'efficacité est scientifiquement prouvée.
CONSEIL UFSBD PRO
ÉVALUEZ LE RISQUE CARIEUX DE VOS PATIENTS
Votre patient a-t-il eu plus deux caries au cours des deux dernières années ? Fume-t-il ? Grignote-t-il ? Est-il atteint d'une maladie chronique ? Prend-il régulièrement du fluor ? Est-il âgé ? Se brosse-t-il les dents deux fois par jour ? Sa plaque est-elle visible à l'oeil nu ? Retrouvez toutes les questions à se poser et à lui poser pour évaluer son risque carieux individuel (RCI) sur www. dentistepro.fr.
Téléchargez la fiche d'évaluation du RCI.
En commençant par un bilan alimentaire permettant de préciser les habitudes et le régime alimentaire du patient. Puis un bilan de son hygiène bucco-dentaire grâce à des indicateurs de plaque et des tests salivaires qui permettront d'évaluer si sa salive est capable de protéger son environnement oral ou s'il faut cerner plus précisément son problème. Qu'il s'agisse du Saliva- Check Buffer (GC) ou du CLINPRO Cario L-Pop (3M ESPE), la plupart des tests salivaires sont capables de rechercher très rapidement la présence de bactéries cariogènes, d'évaluer la salive et ses propriétés « tampon » par son pH ainsi que de mesurer sa quantité, sa fluidité et sa capacité de « réapprovisionnement » en ions. Dernier point du bilan et non des moindres : déceler les lésions de manière efficace et reproductible en évitant de se limiter à des radiographies, qu'elles soient numériques ou argentiques. Car elles ne donnent que peu d'informations, voire aucune, sur les lésions initiales, contrairement à des outils de diagnostic modernes comme le KAVO DIAGNOdent Pen. Totalement indolore, il décèle de manière fiable, grâce à la variation de fluorescence, les lésions occlusales, interproximales comme celles des sillons, et les affiche sur son écran. Ce qui en fait un outil de motivation des patients particulièrement efficace.
PRÉVENIR AVANT MÊME DE TRAITER
Une fois le risque carieux identifié, place à une vraie démarche de prévention, dont les mesures dépendent étroitement du diagnostic. Chez certains patients, un changement de régime et de mode de vie s'impose, avec contrôle de l'alimentation, réduction des sucres et des boissons acides, ou arrêt du grignotage. Chez d'autres, c'est l'éducation à l'hygiène bucco-dentaire qui prime avec : brossage efficace au dentifrice fluoré deux fois par jour, bain de bouche à base de chlorexidine durant une minute tous les soirs pendant 15 jours pour faire baisser la charge bactérienne et chewing-gum à base de xylitol trois à cinq fois par jour pour augmenter la production de salive et son pouvoir tampon. Enfin, il faudra procéder à un nettoyage professionnel prophylactique des dents à l'aide de brossettes et de pâtes à polir. Sans oublier de corriger le déséquilibre de la balance minérale de l'environnement oral, à l'aide de substances favorisant le processus de reminéralisation : vernis fluoré Duraphat Colgate ou solutions contenant du CPP-ACP comme Recaldent™, GC Tooth Mooth ou MI Past Plus (GC). Composé de Phosphopeptide (CPP) Caséine et de Phosphate de Calcium Amorphe (ACP), ce complexe appliqué en bouche véhicule le calcium et le phosphate biodisponibles pour reformer des cristaux de phosphate de calcium. Enfin, les lésions avec cavitation seront obturées provisoirement avec des verres ionomères (Photac 3M ESPE).
RESTAURER A MINIMA
Fini le recours systématique à la fraise en guise de traitement et place à la dissolution chimique, à l'aéroabrasion (EMS Air Flow Prep K1 Max), à la sono-abrasion ou au laser. Autant de techniques qui permettent aujourd'hui de se limiter à l'éviction a minima du seul tissu infecté. Tout comme les matériaux adhésifs permettent de restaurer uniquement la partie non reminéralisable de la lésion. Des matériaux qui peuvent désormais être choisis en fonction du risque carieux ou du profil du patient et non plus seulement pour leur rétention ou leur résistance. Avec des propriétés comme l'étanchéité aux bactéries, l'adhésion chimique aux structures dentaires, des capacités « reminéralisatrices » pour certains ou une esthétique proche de celle des tissus dentaires.
MAINTENIR LA SANTÉ
Une fois les facteurs de risque sous contrôle, les traitements préventifs réalisés et les lésions carieuses restaurées a minima, reste à maintenir la santé dentaire de nos patients. Une santé qui dépend de leur environnement alimentaire comme de leur contexte de vie et du stress qui en découle. Ce qui nécessite de réévaluer régulièrement les facteurs de risque, de contrôler la flore bactérienne régulièrement et d'ajuster les traitements préventifs en conséquence. Une santé bucco-dentaire durable est à ce prix.
ZOOM PRODUIT
KAVO DIAGNODENT PEN 2190
DIAGNOdent Pen a déjà conquis 45 000 clients enthousiastes. Et près de dix années d'expérience dans la technologie laser à fluorescence le montrent : le dépistage des caries avec DIAGNOdent Pen valorise les procédés habituels et permet également le dépistage fiable et confortable des concrétions pour la prophylaxie parodontale. Vous pouvez être rapidement et avec certitude dans ces différents cas de figure : caries de sillons (cas présentés dans 80 % par les enfants et adolescents) ou syndrome de l'iceberg (90 % des caries situées sous la surface intacte de l'émail et dans les zones proximales sont invisibles à l'oeil nu). DIAGNOdent Pen complète alors efficacement les yeux du dentiste et les clichés radiographiques. Cela garantit un dépistage précoce des caries, soit une réduction d'environ 90 % des cas de caries. Domaines d'application : caries de sillons, caries proximales, parodontites… Un moyen sûr pour renforcer le succès du cabinet et la fidélisation des patients. Et aussi pour augmenter la fiabilité du diagnostic et de la prévention.
www.kavo.com