Implants : en finir avec les idées reçues






Pourquoi pose-t-on en France moins d'implants qu'ailleurs ? La faute… aux assureurs, aux pouvoirs publics, à l'Assurance Maladie, aux facultés, aux sociétés d'implants, aux patients ? Une intervention pratiquée avec réserve qui trouve aussi ses explications dans les idées reçues sur les implants par la profession elle-même. La preuve par 8.

1 – La pose d'implants nécessite un diplôme spécifique

FAUX
Seul le diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire est aujourd'hui exigé en France pour pratiquer l'implantologie, discipline enseignée depuis près de dix ans aux étudiants des 5e et 6e années. Aucune autre formation n'est requise. Des obligations de moyens et de sécurité-­résultats sont cependant à mettre en œuvre (voir ci-dessous). De nombreuses formules sont proposées pour approfondir ses connaissances en implantologie : diplômes universitaires (DU), associations scientifiques, ADF, compagnonnage avec un confrère expérimenté ou encore formations délivrées par les sociétés d'implants. À ce jour, aucune formation ne bénéficie d'une reconnaissance plus forte qu'une autre par la profession pour effectuer cet acte chirurgical.


2 – Une assurance particulière est exigée

VRAI
L'assurance en responsabilité civile professionnelle (RCP) est déjà obligatoire dans notre profession. La pratique de l'implantologie n'implique qu'une surprime. Il faut cependant la déclarer pour qu'elle soit couverte, et ce en distinguant, comme le font la plupart des assureurs, les prothèses sur implants de la pose d'implants. Des contrats adaptés à chaque cas existent à un coût raisonnable.


3 – Un bloc opératoire ou une salle dédiée sont obligatoires

FAUX
Le guide de prévention des infections liées aux soins en chirurgie dentaire et stomatologie, publié par le ministère de la Santé en 2006, est clair sur ce point. Aucune salle spécifique n'est exigée pour poser des implants à condition de respecter les règles d'hygiène et d'asepsie que nécessitent les actes invasifs avec projections de liquides biologiques.

À savoir :
– procéder à un lavage chirurgical des mains ;
– porter des gants stériles, une casaque, un masque et une coiffe à usage unique.
Mais aussi :
– isoler le site opératoire via un champ stérile ;
– utiliser de l'eau et une instrumentation chirurgicale stériles, tubulures, moteurs et instruments dynamiques compris ;
– désinfecter le site opératoire et la périphérie buccale.
Cette préparation et la désinfection de la salle d'intervention tout comme la gestuelle des opérateurs sont indispensables pour éviter tout risque de contamination infectieuse. Dédier une salle d'intervention à la chirurgie implantaire peut néanmoins optimiser le fonctionnement du cabinet et faciliter l'asepsie.

4 – L'implantologie n'est pas encore assez fiable pour s'ouvrir à tous

FAUX
Le taux de survie des implants à cinq ans atteint aujourd'hui 98 % quel que soit le système utilisé. Ne pas proposer cette solution pour traiter un édentement unitaire encastré devient une faute professionnelle susceptible d'entraîner une condamnation pour « mutilation » si le praticien s'est contenté de poser un bridge sans
présenter d'alternative à son patient. Car l'implantologie est conforme aux connaissances médicales avérées et s'inscrit, à ce titre, dans l'obligation médico-légale d'information de chaque praticien envers son patient.


5 – Intégrer l'implantologie à sa pratique nécessite de maîtriser à la fois chirurgie et prothèse

FAUX
Rien n'empêche de déléguer dans un premier temps la partie chirurgicale à un confrère pour se « limiter » à la prothèse sur implant. La priorité au démarrage étant de savoir identifier
les cas où l'implantologie peut être envisagée et ainsi pouvoir la proposer à ses patients dans le cadre d'une alternative thérapeutique.


6 – Pour devenir efficace et fiable, il faut pratiquer beaucoup

FAUX
Il en va des implants comme des dents de sagesse incluses ou de tout autre acte chirurgical, aucun minimum n'est requis. L'aspect codifié de l'implantologie ainsi qu'une sélection et une planification rigoureuse des cas sont les meilleures garanties pour exercer en toute
sécurité, surtout au début.
Enfin, les statistiques des assureurs le confirment : la sinistralité en implantologie n'est pas plus élevée qu'ailleurs et la pose de prothèses nettement plus facile.


7 – L'investissement de départ est important et pas toujours rentable

FAUX
Seule une trousse d'une valeur financière ­n'excédant pas 500 â‚¬ est nécessaire pour démarrer la pose de prothèses sur implant. Plus lourd, l'investissement permettant de passer à la phase chirurgicale génère automatiquement du chiffre d'affaires en plus grâce à une nouvelle activité. Sur un autre plan, acquérir de nouvelles compétences, c'est aussi s'enrichir personnellement, « casser la routine » et rester épanoui dans son métier.


8 – La demande en implants est trop faible car leur coût est trop élevé

FAUX
30 millions de Français souffrent aujourd'hui d'un édentement unitaire. Avec l'augmentation de la tranche des 20-65 ans, la « consommation » d'implants ne peut que se développer à condition de convaincre les patients – en présentant ce coût comme un investissement pour leur santé et en valorisant ses avantages : économie tissulaire, esthétique et meilleur confort. Leur réponse pourrait en surprendre plus d'un.

À savoir

30 millions

de Français souffrent aujourd'hui d'un édentement unitaire.

98 %
des implants survivent au moins cinq ans.

10 ans
L'implantologie est enseignée depuis près de dix ans aux étudiants des 5e et 6e années.