Se former pour faire face aux urgences

Malaise vagal, hypoglycémie, hyperventilation anxiogène, crise d'asthme, douleur thoracique, accident vasculaire cérébral (AVC), convulsions ou arrêt cardiaque… tout chirurgien-dentiste se trouve un jour l'autre confronté à une urgence qui peut parfois être vitale.

Des risques plus élevés que la moyenne
Selon une étude* réalisée en 2007 auprès de 700 praticiens, chaque chirurgien-dentiste doit gérer en moyenne trois malaises par an dans son cabinet et un praticien sur vingt est confronté un jour ou l'autre à un arrêt cardiaque. C'est plus que la moyenne et cela explique pourquoi l'Attestation de formation aux gestes et soins d'urgence (AFGSU) est désormais intégrée à la formation initiale des chirurgiens-dentistes. Il n'en va pas de même pour les praticiens déjà diplômés, mais jusqu'à quand... Aussi UFSBD Pro, se mobilise-t-elle en leur proposant de suivre une formation de trois jours à l'issue de laquelle ils obtiennent l'AFGSU 2. Spécialement aménagée pour eux avec les Centres d'enseignement des soins d'urgence (CESU), cette formation met l'accent sur l'étude des malaises les plus fréquents en cabinet et sur les réflexes qui sauvent.

Malaises les plus fréquents et urgences vitales
Crise d'hypoglycémie, hyperventilation anxiogène, malaise vagal, dyspnée évoquant une crise d'asthme, douleur thoracique, déficit neurologique évoquant un accident vasculaire cérébral (AVC) et convulsions sont les malaises que le chirurgien-dentiste risque de rencontrer le plus fréquemment dans son cabinet. C'est pourquoi une première demi-journée complète leur est dédiée dans la formation AFGSU. Le reste du programme se consacre aux urgences vitales que sont les arrêts cardio-respiratoires, bien sûr, mais aussi les hémorragies, obstructions des voies aériennes, troubles de la conscience et chocs allergiques. D'autres urgences potentielles comme les plaies et brûlures, accouchements inopinés et traumatismes osseux sont également abordés. Dans chaque cas, des mises en situation permettent aux praticiens de découvrir comment observer les symptômes et administrer éventuellement une première médication, quand consulter l'avis du médecin régulateur du Samu ou demander son intervention immédiate.

Les réflexes qui sauvent
Qu'il s'agisse d'urgences potentielles ou vitales, la formation AFGSU vise à permettre au chirurgien- dentiste d'acquérir les réflexes qui sauvent :

  • recueillir les signes cliniques, indispensables pour bien communiquer avec le Samu ;
  • recueillir les paramètres vitaux via un appareil automatisé de mesure de la pression artérielle, un oxymètre de pouls ou un glucomètre, autant d'appareils qui peuvent aider à prendre une décision ;
  • contacter le 15 immédiatement en cas d'urgence vitale (arrêt cardiaque, détresse respiratoire, douleurs thoraciques, troubles de la conscience, etc.) et se laisser guider par le médecin ;
  • communiquer au médecin urgentiste tous les éléments du dossier médical (antécédents et traitements) du patient qui peuvent influer sur la conduite à tenir ;
  • appliquer les mesures conservatoires en attendant l'arrivée des secours : mise en position d'attente, administration d'oxygène, réanimation cardio-respiratoire, surveillance et, éventuellement, administration de médicaments mais jamais de voie veineuse périphérique ;
  • recourir au matériel d'urgence éventuel : source d'oxygène et défi brillateur automatisé externe (DAE) ;
  • transcrire l'incident par écrit dans le dossier du patient et adresser une lettre descriptive au médecin traitant ou le contacter ;
  • si le patient n'est pas hospitalisé : le garder en observation dans la salle d'attente jusqu'à ce que tous les signes cliniques aient disparu, puis le faire raccompagner à son domicile.

Autant de procédures qui ne peuvent devenir des réflexes que si le praticien connaît les risques les plus fréquents, sait les identifier et prend la bonne décision. Un enjeu auquel répond la formation AFGSU.

* B. Calon, A. Bildstein, J. Samin et al. Urgences médicales au cabinet dentaire : une étude française. Médecine buccale, chirurgie buccale 2007.