Prophylaxie parodontale
Un test et plus… si affinités
Comment obtenir l'adhésion de nos patients pour soigner une maladie le plus souvent invisible, indolore, nécessitant des traitements désagréables et un suivi jusqu'à la fin de leur vie ? Alors que huit Français sur dix souffrent de maladies parodontales qui peuvent affecter leur santé en général et que la population vieillit, répondre à ces questions, c'est résoudre un problème de santé publique.
Isabelle a 30 ans. Elle a pris rendezvous au cabinet pour un détartrage, comme tous les ans, car c'est la règle de suivi qu'on lui a enseignée. Nous procédons donc au traitement ; un coup d'oeil pour vérifier la présence d'éventuelles caries, et la consultation s'arrête là . Isabelle a l'air en bonne santé, sa bouche aussi. Et elle devrait le rester… ou pas. En fait, nous n'en savons rien. Car face aux maladies parodontales, nous ne sommes pas tous égaux, loin s'en faut.
PAS TOUS ÉGAUX FACE À LA PARO
Si Isabelle se met à fumer, si un jour elle déclare un diabète, si sa vie devient stressante, si on la met sous cyclosporine, si une obturation est débordante ou si son occlusion est mal équilibrée, elle aura sans doute plus de risques que quelqu'un d'autre de développer une parodontite. Car si la présence de bactéries virulentes est essentielle au déclenchement de la maladie, elle Comment obtenir l'adhésion de nos patients pour soigner une maladie le plus souvent invisible, indolore, nécessitant des traitements désagréables et un suivi jusqu'à la fin de leur vie ? Alors que huit Français sur dix souffrent de maladies parodontales qui peuvent affecter leur santé en général et que la population vieillit, répondre à ces questions, c'est résoudre un problème de santé publique. Un test et plus… si affinités Prophylaxie parodontale n'est pas suffisante pour l'initier à elle toute seule. Expliquant pourquoi certains patients à l'hygiène bucco-dentaire pourtant douteuse en restent au stade de la gingivite chronique, sans jamais présenter la moindre trace de lésion parodontale. Tout dépend de la réponse du système immunitaire aux agressions bactériennes. Trois types de facteurs, aussi bien innés qu'acquis, peuvent en perturber les mécanismes. Les facteurs systémiques. Certains, comme l'âge du patient ou les paramètres génétiques, sont immuables. Acquis et modifiables, les autres influent plus ou moins sur la maladie en fonction de leur importance. Comme le diabète, qui favorise l'apparition de parodontites et rend les traitements plus difficiles, notamment chez les patients mal équilibrés. Ou le tabac, reconnu comme facteur de risque majeur car il altère les défenses, amoindrit la réponse aux traitements et masque souvent les symptômes. Sans oublier certains médicaments qui perturbent le parodonte. Et enfin, le stress, ou plutôt son incapacité à le surmonter. Les facteurs locaux comme le tartre, les caries, les malpositions dentaires, les amalgames défectueux ou débordants, les surcontours, les entrées de furcations, les fissures et autres problèmes endodontiques constituent de vrais bouillons de culture. Certains peuvent aussi représenter une agression physique s'ils empiètent sur l'espace biologique de la dent. Parmi les facteurs fonctionnels, le traumatisme occlusal affecte le parodonte par ses charges excessives et agit comme un facteur aggravant, même s'il ne peut déclencher, à lui seul, de lésion.
DU SIMPLE TEST AU BILAN COMPLET
Inégaux face à la parodontite, les Français restent néanmoins tous potentiellement concernés. Selon une étude de l'ADF menée sous l'égide de l'OMS, 80 % de la population entre 35 et 45 ans souffrent de maladies parodontales, depuis la simple gingivite jusqu'à la parodontite. L'enjeu est de taille quand on sait que, outre la menace d'édentation, les maladies parodontales peuvent générer des problèmes cardiaques ou vasculaires et des naissances avant terme. Devons-nous pour autant faire un bilan complet à tous nos patients ? Certes non, mais un test de dépistage, oui. Connu chez nos voisins belges sous le nom de Dutch Periodontal Screening Index (DPSI), ce test de santé gingivale et parodontale permet d'identifier en quelques minutes les patients qui nécessitent un bilan complet (cf. ci-contre). Bilan qui permettra de dresser une carte topographique de la profondeur de leurs poches, de mesurer l'index de plaque et de saignement, ainsi que de mettre en évidence leurs mobilités dentaires et leurs éventuelles atteintes de furcations. Sans oublier l'anamnèse médicale qui permettra d'identifier leurs facteurs de risques, le bilan occlusal et le bilan radiographique. Autant d'éléments indispensables pour poser un bon diagnostic. Dans 95 % des cas, il s'agira d'une parodontite chronique, qui s'est développée progressivement entre 30 et 40 ans à partir d'une gingivite, avec une atteinte généralisée à toute la denture ou une répartition irrégulière localisée. Reste à l'annoncer au patient…
EXPLIQUER POUR FAIRE ADHÉRER
Plus que pour toute autre pathologie bucco-dentaire, le traitement de la parodontite nécessite la coopération du patient. Une coopération active et durable. Parce que l'origine de la maladie est infectieuse et qu'au-delà du traitement en cabinet, il faut contrôler le facteur bactérien tous les jours, rien ne peut se faire sans le patient. Un patient qu'il faut motiver et qui doit donc comprendre non seulement de quoi il souffre mais aussi ce qu'il risque et ce qu'il doit faire pour l'éviter. D'autant que sa maladie est bien souvent invisible et indolore, que les traitements sont désagréables et peu ou pas remboursés, et qu'il devra se faire suivre toute sa vie. Dans un tel contexte, nos explications sont vitales et nous devons prendre le temps de les donner en respectant dix étapes clés. Car de la manière dont nous allons présenter les choses dépendra le succès d'un traitement qui ne souffre aucun compromis.
1 – En commençant par présenter au patient l'anatomie des tissus parodontaux, planches à l'appui. Et ce avec un vocabulaire délibérément technique qui devra désormais faire partie de son quotidien.
2 – Viennent ensuite les explications sur la maladie et sa nature, la formation de la plaque et des poches, depuis la gingivite jusqu'à la parodontite terminale. Car le patient doit comprendre qu'il ne s'agit pas d'une fatalité liée à l'âge mais d'une infection bactérienne, avec des symptômes qui témoignent d'une inflammation, même s'ils restent discrets.
3 – Qui dit infection ne dit pas forcément mauvaise hygiène. Il s'agit donc alors de déculpabiliser le patient.
4 – Et de faire l'inventaire de tous les facteurs de risques, tout en insistant sur ceux du patient.
5 – La maladie expliquée, place au détail du traitement. En commençant par sa philosophie qui repose sur deux constats : le caractère irréversible des destructions osseuses et la chronicité de l'infection. Deux constats qui impliquent deux postures thérapeutiques : la nécessite d'une maintenance à vie et l'implication quotidienne du patient, une fois le traitement initial réalisé.
6 – Ce traitement initial étant désagréable, le patient doit impérativement en comprendre l'objectif – ramener les poches à moins de 5 mm de hauteur et rétablir une attache épithéliale – et le déroulement : un surfaçage radiculaire médical et/ou chirurgical.
7 – Passer de la théorie à la pratique est ensuite indispensable pour montrer à notre patient que tout cela le concerne, preuves à l'appui. La démonstration se fera donc en bouche, à l'aide d'un miroir et d'une sonde (et pourquoi pas d'une caméra intrabuccale), puis sur la radio et via le bilan parodontal, dent par dent.
8 – Acteur essentiel de son traitement, le patient a besoin de savoir ce qu'il doit faire. À nous de lui montrer comment, quand et combien de temps se brosser les dents. Avec une brosse électrique, des brossettes et du fil dentaire. Sans oublier les bains de bouche avant les traitements.
9 – À nous également de lui demander ce qu'il peut changer dans sa vie en fonction de ses facteurs de risque. Surveillance et suivi de son diabète, accompagnement pour gérer son stress, arrêt du tabac, etc.
10 – Son adhésion est essentielle, il l'a compris. Reste à lui rappeler qu'elle doit durer toute sa vie et que des visites régulières au cabinet seront indispensables pour réévaluer son bilan, surveiller l'état de sa plaque et procéder à d'éventuels nouveaux traitements.
ZOOM PRODUIT
EMS / AIR FLOW MASTER PIEZON

Combinaison des méthodes originales Air-Flow avec Air-Flow Perio et Piezon, la méthode offre une efficacité sans compromis et une formule antidouleur pour le patient. Le module i.Piezon, les oscillations linéaires à la surface dentaire délivrées par les Ems Swiss Instruments et le rétrocontrôle permanent des instruments permettent un traitement pratiquement indolore pour le patient et particulièrement doux pour l'épithélium gingival, sans parler du lissage des dents. La pièce à main Piezon LED est parfaitement adaptée à toute la gamme des Ems Swiss Instruments et est faite d'acier chirurgical biocompatible. La méthode originale Air-Flow, quant à elle, permet l'élimination tout en douceur et rapide de la plaque dentaire et des colorations (tabac, café, thé…) à la surface de l'émail et dans les espaces interproximaux et les sillons occlusaux. L'utilisation de la pièce à main Air-Flow associée aux poudres Air-Flow Classic ou Soft (poudre pour les patients aux parodontes sensibles) permet également le polissage, la préparation de surface et le nettoyage des brackets et aide, entre autres, à la prévention des gingivites, des parodonties et des caries.
Les plus de cette méthode
– La méthode Air-Flow Perio, grâce à son embout spécifique Perio-Flow à usage unique et à l'utilisation de la poudre Air-Flow Perio, détruit le film bactérien jusqu'au plus profond des poches parodontales et prévient ainsi la perte des dents (parodontite) ou le détachement des implants (péri-implantite).
– Le traitement Perio-Flow consolide la gencive et diminue la profondeur des poches.
– Le tourbillon uniforme du mélange air-poudre et eau prévient l'emphysème des tissus mous. Le design de l'Air-Flow Master Piezon avec l'écran tactile, la pédale de contrôle multifonction et le mode de nettoyage automatique permettent une utilisation simple, rapide et hygiénique en toute sécurité.